25.02.2008
Le véritable enjeu des élections municipales: les conseils communautaires?
Quels sont les enjeux de ces élections municipales?
Au niveau national, il s'agit d'un test pour les différents partis politiques: le PS veut croire qu'il existe toujours, le MoDem veut se lancer, l'UMP veut éviter la casse...
Mais au niveau local, outre le fait de gérer une ville, ces élections vont indirectement décider qui va diriger les communautés, quelles soient urbaines, d'agglomération ou de commune. Ces EPCI (établissement public de coopération d'intercommunalité), sont devenus primordiaux, voire même plus important que les villes en elles-même. Pourquoi? Tout simplement parce que les maires ayant intégré un EPCI, ont moins de pouvoir puisqu'ils ont abandonné une partie de leur compétence au Conseil communautaire, et plus précisément au président de ce conseil. Ces abandons de compétences concernent généralement la voirie, les transports, l'eau...
Ainsi, on voit des villes où le maire actuel est sûr de remporter une nouvelle fois la mairie, mais on se demamnde s'il va pouvoir continuer à contrôler l'EPCI. Dans une hypothèse négative, sa victoire à la mairie serait à relativiser: il n'aurait pas toutes ses compétences, et de nombreux dossiers lui échapperaient complètement, perdant donc une partie de son pouvoir de décision.
C'est pour cela que dans des villes comme Bordeaux ou Lilles, les maires sortants, quasi-sûrs d'être réélu(parfois même dès le premier tour), mènent deux campagnes de front. A Bordeaux, Alain Juppé(Maire et vice-président de la CUB, Communauté Urbaine de Bordeaux), conforté par des sondages flatteurs, doit lutter gagner, non pas la mairie, mais la présidence de la CUB, et récupérer ainsi la totalité (et plus) de son pouvoirs de décision. Un exemple: ce n'est pas Alain Juppé qui a mené le dossier du tramway, mais son adversaire socialiste, qui est à la présidence de la CUB).
Le problème se pose de la même façon pour Martine Aubry à Lilles, qui doit conserver la tête de l'EPCI pour s'assurer de maintenir le contrôle totale de sa ville.
Au Havre, l'enjeu n'est pas pareil, puisqu'un principe posé par Rufenacht et qui fait jurisprudence semble acquis: c'est le maire du Havre qui prend la présidence de la CODAH(Communauté d'Agglomération du Havre).
Cela pose le problème de la sincérité démocratique des EPCI, surtout dans les villes comme Bordeaux et Lilles: alors que les citoyens ont voté pour une liste précise avec ses propositions d'actions, ils risquent de se retrouver avec des changements dans leurs villes pour lesquels ils n'avaient pas voté, puisque décidées par la présidence de la communauté qui est, ou peut être, dans l'opposition municipale.
En fait, les habitants d'une communauté devraient aussi voté pour le Conseil Communautaire. Cela avait été proposé par Pierre Mauroy en 2000, mais cette proposition a vite été écartée... Il y a encore des intérêts à sauvegarder...
22:32 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales 2008, conseil communautaire

